Le Gabon toujours dans la catégorie des États à haut risque financier, selon Fitch

L’agence internationale de notation financière Fitch Ratings a décidé, le 22 mai dernier, de maintenir la note souveraine du Gabon à des niveaux particulièrement préoccupants. Le pays conserve ainsi une note de « CCC- » pour sa dette en devises étrangères et « CC » pour sa dette en monnaie locale, deux catégories considérées comme hautement spéculatives et synonymes d’un risque élevé de défaut de paiement.
À travers cette décision, l’agence traduit la prudence persistante des investisseurs et des marchés financiers à l’égard de l’économie gabonaise. Fitch estime notamment que les conditions de financement du pays restent extrêmement tendues, dans un contexte marqué par des prévisions budgétaires jugées peu crédibles au regard de la réalité économique actuelle.
Dans son analyse, l’agence met en avant plusieurs fragilités majeures. Parmi elles figurent d’importants besoins de refinancement, un accès limité aux sources de financement ainsi qu’une forte dépendance du pays aux revenus pétroliers, particulièrement exposés aux fluctuations des marchés internationaux. Fitch souligne également une progression continue de la dette publique par rapport au produit intérieur brut.
Selon les projections de l’agence, le déficit budgétaire du Gabon aurait atteint 12,2 % du PIB en 2025, notamment sous l’effet d’une hausse importante des investissements publics. Cette situation aurait contribué à accentuer les tensions de trésorerie de l’État, avec une accumulation d’arriérés estimée à 4,8 % du PIB.
La dette publique gabonaise, elle aussi, poursuit sa progression. Fitch estime qu’elle a atteint 81,1 % du PIB en 2025 et pourrait grimper à 87,6 % d’ici 2027. Pour couvrir ses besoins financiers, le pays devrait notamment compter sur des financements extérieurs, parmi lesquels un prêt commercial d’un milliard de dollars accordé par Trafigura ainsi que des appuis multilatéraux, dans un contexte où le marché régional demeure sous pression.
L’agence de notation attire également l’attention sur des faiblesses structurelles plus profondes. Elle évoque notamment des insuffisances persistantes dans la gestion des finances publiques, des capacités institutionnelles limitées, une application inégale de l’État de droit ainsi qu’un niveau de corruption jugé préoccupant.
Malgré des perspectives de croissance estimées autour de 3,2 %, soutenues en partie par les investissements publics, Fitch considère que les risques demeurent importants pour l’économie gabonaise, notamment en raison des déficits élevés et de la volatilité des recettes pétrolières.
Dans ce contexte, le maintien du Gabon dans cette catégorie spéculative signifie concrètement que le pays continuera à emprunter à des conditions particulièrement coûteuses sur les marchés financiers internationaux, avec des taux d’intérêt élevés susceptibles de peser durablement sur les finances publiques et les capacités d’investissement de l’État.



